L’art comme stratégie de revitalisation?

© Montréal Times

© Montréal Times

Aujourd’hui, il est fréquent de voir d’anciens bâtiments industriels accueillir de nouvelles fonctions à caractère artistique. Cette compatibilité de programmation semble de vigueur : la morphologie de ces grands espaces, rendus désuets dans notre société en mouvance perpétuelle, s’accorde en effet particulièrement bien au besoin spatial de cette nouvelle vocation, tout en produisant un impact positif sur un secteur urbain souvent délaissé. Il en est ainsi des galeries d’art et des lofts de création, par exemple.

Parmi de nombreux cas emblématiques, notamment celui de l’ancienne usine Caledonian Ironworks, dans Griffintown, que nous aurons l’occasion d’explorer au courant du Festival Vivre le Patrimoine! Montréal Héritage Fest ! Situé au 1844 rue William, cette friche industrielle connaît depuis 2011 un second souffle grâce au Centre d’art de Montréal qui niche désormais en ses murs. L’ancienne fabrique, construite en 1879 par l’Écossais John McDougall, produisait principalement des boulons et équipements mécaniques, destinés à alimenter les chantiers ferroviaires canadiens de l’époque. À la fin du 19e siècle, la compagnie de la rue William, très prospère, employait jusqu’à 300 ouvriers ! À cette époque, elle constituait une des icônes de l’entreprenariat du quartier de Griffintown. Or, ce témoin de l’industrialisation locale n’a pas échappé, à l’instar d’autres institutions industrielles montréalaises, à la perte de ses fonctions industrielles et commerciales. Délaissé de longues années, il est à présent sorti de sa torpeur et réhabilité avec brio en incubateur culturel, pédagogique et artistique par M. Allan Diamond.

Ouvert en juillet 2011, le Centre d’art de Montréal est un centre de production et d’exposition d’art visuel. Composé de 64 studios, le Centre propose des espaces de création pouvant accueillir jusqu’à une centaine d’artistes. Les deux principales galeries d’art du Centre d’art de Montréal, la Galerie Griffintown et la Galerie William, sont mises à la disposition des artistes afin de permettre d’exposer leurs créations au grand public. Notons également la présence de l’École d’art Griffintown, qui propose des cours techniques pour tous les publics.

Allan Diamond, instigateur du projet et passionné d’art, se serait inspiré de projets américains proposant une formule similaire, comme le Torpedo Factory à Alexandria en Virginie. Ces centres d’art multifonctionnels offrent plusieurs avantages : ils favorisent une synergie développée par une création libre et simultanée dans des espaces communs et ouverts (1), le partage d’expertises (2), permettent d’organiser des cours et ateliers (3),  en plus de fournir un lieu d’exposition (4) et de vente d’œuvres d’art sur place (5). Toutefois, l’implication communautaire de ce Centre d’art ne s’arrête pas là ! S’inspirant encore une fois du modèle du Torpedo Factory, une partie de l’argent issues des ventes d’œuvres d’art est  déversée à des œuvres de charité et des initiatives communautaires locales, dans une optique de revitalisation locale, de renforcement de la cohésion sociale et de création de partenariat avec le milieu environnant.

À cet effet, Griffintown semble être un lieu propice à accueillir ce type de transformations multifonctionnelles, puisqu’il recèle plusieurs de espaces industriels sous-utilisés. Bien plus, cela renforcerait le tournant pris par le quartier, s’inscrivant dans la vision énoncée en 2012, suite à la consultation de l’Office municipal de consultation publique de Montréal (OCPM). Cette dernière soulignait en effet l’intérêt de développer le quartier en un espace pour la création artistique, tout en travaillant à retisser le lien social. 

À l’instar des autres initiatives d’implantation d’espaces communautaires et artistiques que nous croiserons sur notre chemin lors de cet événement, le Centre d’art de Montréal sera un arrêt intéressant à découvrir le dimanche 23 août dès 10 :00. Soyez des nôtres!

Sources :

  • Desloges, Y et Gelly, A. (2002) Le canal de Lachine: Du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain – 1860-1945. Édition de Septentrion, p.142
  • Conférence by Allan Diamond : Griffintown : Yesterday, Today and Tomorrow

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s