La Résidence « Les Rochers »

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Auberge « Les Rochers », Rivière-du-Loup,  © Héritage canadien du Québec

 

Une remontée dans le temps

De l’extérieur, la maison « Les Rochers » pourrait se confondre avec n’importe laquelle de ses voisines, toutes témoignant d’une époque où le village de Saint-Patrice formait le lieu de villégiature d’hommes d’affaire et de personnes politiques importantes. Sa toiture et ses volets noirs sur fond blanc attirent pourtant l’œil du passant, en créant un contraste avec la douceur des couleurs du Bas-Saint-Laurent. Mais encore, c’est l’intérieur qui se dévoile sous les yeux du visiteur ayant pris le temps d’y pénétrer, qui surprend davantage. Le mobilier, les tapisseries, les instruments de musique, tout le décor nous renvoie à une époque passée, qui semble muséifié. À y regarder de plus près, on décèle pourtant la présence de plusieurs objets anachroniques dans ce décor, indice d’une vie présente: des journaux de l’été en cours mêlés aux coupures de presse des années 1880; un puzzle en attente sur la vieille table du salon; des tasses en céramique et des biscuits laissés après l’heure du thé….

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Salon de l’auberge « Les rochers », Rivière-du-Loup, 2015, © Mardjane Amin

Dans cet intérieur à l’atmosphère particulière, passé et présent se côtoient ainsi, sous le regard sérieux de Sir John A. Macdonald, présent dans chacune des pièces. Sa présence intrigue et questionne. Pourquoi un tel témoignage de fédéralisme au Québec ? Le message n’est ici point politique; davantage commémoratif. On apprendra en effet que cette maison a appartenu à Lady Agnès Macdonald, épouse du premier titulaire du titre de premier ministre canadien, et qu’ensemble, avec leur fille Mary, ils y séjournèrent les étés pendant près de 20 ans.

Les Macdonald à Saint-Patrice : plus de 20 ans de présence

La présence des Macdonald à Saint-Patrice remonte à l’été 1871. Souhaitant s’éloigner de la pollution et des tourments de la capitale, ils choisirent alors de louer un petit cottage, construit sur une colline rocheuse en bordure du fleuve. Cet emplacement, en plus d’être bénéfique pour la santé de John. A. Macdonald, répondait en outre à ses besoins de déplacements dans le cadre de sa fonction ministérielle, la gare de Rivière-du-Loup étant située à proximité. Lady Agnès quant à elle trouvait là une aire paisible où s’adonner à ses passions qu’étaient la pêche et l’aquarelle.

En 1882, l’épouse du premier ministre acheta la maison et ses cinq hectares de terrains rocheux, pour un montant de 300,00$. Elle fit alors appel à un architecte pour entreprendre des agrandissements : la maison de ferme se mua ainsi en maison victorienne dotée d’une fausse mansarde, de plafonds élevés, d’ouvertures larges et d’une galerie courant tout autour de la construction et reliant ainsi les ancienne et nouvelle ailes de la bâtisse.

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Vue de l’est de la résidence d’été de sir John A. Macdonald suivant l’agrandissement de 1882, s.d., Bibliothèque et Archives Canada, PA008869, Library and Archives Canada, PA008869.

À l’intérieur, toutes les portes furent également élargies pour permettre le passage du fauteuil roulant de Mary Macdonald, atteinte d’une hydrocéphalie. La maison rebaptisée « Les Rochers » devint dès lors officiellement la résidence d’été des Macdonald.

De la résidence d’été de John. A. Macdonald à la maison patrimoniale 

John A. Macdonald passa là le dernier été avant sa mort, en juin 1891. Quelques années plus tard, Lady Macdonald décida de vendre la propriété à Sir Thomas Shaughnessy, vice-président de la compagnie du chemin de fer du Canadien Pacifique. En 1939, la maison passa aux mains de Herbert J. Symington, premier président de Trans-Canada Airlines. Elle demeura alors la propriété de la famille Symington jusqu’en 1981, date de son acquisition par l’organisme à but non-lucratif voué à la conservation du patrimoine, l’Héritage canadien du Québec.

Malgré ces changements de propriétaires, peu de modifications majeures furent opérées sur la maison depuis l’époque des Macdonald. On pourra simplement noter la réhabilitation de la cuisine dans les années 1950, et le recouvrement de l’ancien papier peint par un nouveau, témoin d’une autre esthétique, dans les mêmes années. Plus récemment, une salle-de-bain moderne a également été aménagée, pour répondre à la fonction actuelle du lieu. L’ancienne résidence d’été de Sir John. A. Macdonald abrite en effet depuis 1986 une auberge estivale, gérée par l’Héritage canadien du Québec. Par cette réhabilitation, l’organisme propriétaire permettait ainsi de satisfaire sa mission de conservation de lieux patrimoniaux, jusque dans leurs finis intérieurs, tout en leur insufflant une vocation nouvelle au profit de la communauté et en respect de l’esprit du lieu.

En 2015, cet effort de conservation fut récompensé par la désignation de la maison en tant que Lieu Historique National. Cette reconnaissance fédérale a alors permis de faire valoir officiellement l’intérêt patrimonial que porte ce lieu pour ses valeurs historique, architecturale et environnementale. Il constitue en effet le témoin de la présence de Sir John A. Macdonald à Saint-Patrice sur une période de vingt ans; d’une architecture typique des résidences de villégiature dans le Bas-Saint-Laurent; et finalement de l’épanouissement du secteur historique du Vieux-Saint-Patrice à la fin du XIXème et au début du XXème siècles.

Une expérience du patrimoine à vivre 

Habitants de la région et visiteurs de passage peuvent ainsi aujourd’hui profiter d’un moment de détente sur la galerie, face au coucher du soleil, ou d’une nuit dans l’une des cinq chambres, bercés par l’atmosphère du fleuve; et prendre le temps de redécouvrir le passé du lieu, inscrits dans différents détails de la maison. L’opportunité de vivre cette expérience vous sera donnée lors de notre Party de dévoilement, le 23 mars 2016 : un séjour de deux nuitées à l’auberge Les Rochers sera un des prix du tirage Tentés de remporter ce prix et de vivre un petit bout de patrimoine ? Rendez-vous le 23 mars !

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Chambre 3 de l’auberge « Les Rochers », Rivière-du-Loup, 2015, © Mardjane Amin

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Le fleuve Saint-Laurent depuis la galerie de l’auberge « Les Rochers », Rivière-du-Loup, 2015, © Mardjane Amin

 

Sources :

 


« LES ROCHERS » RESIDENCE

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« Les Rochers » Residence, Rivière-du-Loup,  © The Canadian Heritage of Quebec

A look back in time

From the outside, “Les Rochers” residence could be confused with any of its neighbours, each witnesses to the bygone era in which the village of Saint-Patrice was a popular vacation spot for the regions business and political elite. Yet, its roof and shutters of black on a white draw the eye for a second look and contrast starkly with the soft colours of the Lower Saint-Laurence. And then, it is the interior which is the most surprising for the visitor who actually takes the time to go inside. The furniture, the tapestries, the musical instruments, all of it is like taking a look back though history; history frozen in time. On closer look, these seemingly anachronous objects hold hints of modern life: newspapers with dates from recent summer days mixed with cuttings from the 1880s; a half finished puzzle in the drawing room waiting on the antique table; ceramic mugs and cookies leftover from teatime…

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« Les Rochers » Residence living room, Rivière-du-Loup, © Mardjane Amin

It is a peculiar place, here the past and present intermingle under the watchful eye of Sir. John A Macdonald, pictured in each room. His presence is intriguing, and for some, maybe disturbing. But the message is not a political one; rather, commemorative. The house belonged to Lady Agnès Macdonald, wife of the first Canadian prime minister, and together, with their daughter Mary, their family spent their summer vacations for over 20 years.

The Macdonald’s in Saint-Patrice: more than 20 years of presence

The presence of the Macdonald family in Saint- Patrice goes back to 1871. Wanting to get away from the pollution and the bedlam of the capital, they decided to rent a small cottage built on a rocky hill next to the river. In addition to doing wonders for Sir. John A Macdonald’s health, the location responded to the need for mobility in his official functions, the Rivière-du-Loup train station being within close proximity. Lady Agnès also found the place peaceful, it allowed her to pursue her passions, fishing and watercolour painting.

In 1882, the prime minister’s wife bought the house and the five hectares of hilly land it sat on for 300 dollars. She called in an architect to make arrangements for an addition. The little farmhouse would thus be adjoined to a splendid Victorian mansion, with a false mansard roof, high ceilings, large windows and large veranda encircling the old and new building alike.

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© Bibliothèque et Archives Canada, PA008869, Library and Archives Canada, PA008869.

Inside, the doors were enlarged to accommodate the wheel chair of Mary Macdonald, who had hydrocephalus. It was baptised “Les Rochers” and became the official summer residence of the Macdonald family.

From John A. Macdonald’s summer home to heritage site

John A. Macdonald would spend the last summer before his death, in juin 1891, at this summer home. Some years later, Lady Macdonald decided to sell the property to Sir Thomas Shaughnessy, then vice president of the Canadian Pacific railway company. In 1939, the house would become the property of Herbert J. Symington, the first president of Trans-Canada Airlines, and would remain in his family until 1981, the date of its acquisition by the non-profit organization devoted to its conservation, Canadian Heritage of Quebec.

Despite the change in owners over the years, few major modifications were made since the Macdonalds lived there, with the exception of modernizing the kitchen in the 1950s, and the recovering of the older wallpaper to suit more modern tastes. More recently, a modern bathroom was added to accommodate the current function; that is, since 1986, the Macdonald summer residence houses a seasonal bed and breakfast managed by Canadian Heritage of Quebec. Through its rehabilitation, the organization has helped to conserve this heritage place, including the interiors. While breathing new life and new use into it, they have benefitted the community, all while respecting its spirit of place.

In 2015, this conservation effort was rewarded with the designation of the house a National Historic Site. The federal designation officially recognizes the site for its heritage values; which are historical, architectural and environmental. It is a witness to the presence of John A. Macdonald in Saint-Patrice over several decades; of an architecture typical of summer residences found in the lower Saint-Laurence when it was a vacationing hot-spot, as well as the development of the historic sector of Old Saint-Patrice at the end of the 19th and beginning of the20th century.

An experience worth trying

Residents and visitors of the region can still experience a moment of relaxation on the veranda, facing the setting sun. Or, a sleeping in one of the 5 rooms while being swayed to sleep by the sounds of the flowing river. Or, take the time to rediscover the house’s story, in different ways throughout the house. The opportunity to experience could be yours at our Unveiling party, March 23rd 2016, as we will raffle off a two-night stay at Les Rochers to a lucky winner! We’ll see you March 23rd!

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« Les Rochers » Residence room, Rivière-du-Loup, 2015, © Mardjane Amin

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View of Saint-Laurent  since « Les Rochers » Residence gallery, Rivière-du-Loup, 2015, © Mardjane Amin

Sources :

  • Karen Molson, Héritage Canadien du Québec, Sir John. A. Macdonald et la résidence d’été Les Rochers, livret illustré, 28 pages.
  • « Le lieu historique national du Canada de la Résidence-d’Été-de-Sir-John-A.-Macdonald », en ligne [page Internet], site internet des Lieux patrimoniaux du Canada, http://www.historicplaces.ca/fr/rep-reg/place-lieu.aspx?id=20368&pid=18557&h=Macdonald (consulté en février 2016).